Le tashkeel : à quoi servent les harakat
L'écriture arabe note les consonnes et les voyelles longues, mais pas les voyelles courtes. Celles-ci s'ajoutent sous forme de petits signes, les harakat : la fatha (a), la damma (ou), la kasra (i), le sukun (absence de voyelle), la shadda (consonne doublée) et le tanwin (terminaison -an, -oun, -in). Mettre ces signes sur un texte s'appelle le tashkeel, ou vocalisation.
Dans la presse, les livres et les messages de tous les jours, on n'écrit presque jamais les harakat : un lecteur arabophone les déduit du contexte. On les écrit en revanche dans le Coran, dans les livres pour enfants et les manuels d'apprentissage, dans la poésie classique, et ponctuellement pour lever une ambiguïté. Le mot كتب, par exemple, peut se lire kataba (il a écrit), kutub (des livres) ou kutiba (il a été écrit). Pour un apprenant, un enseignant qui prépare une fiche ou quelqu'un qui alimente une synthèse vocale, un texte vocalisé change tout.
Comment utiliser l'outil
- Collez votre texte dans la zone de saisie, ou tapez-le avec le clavier arabe virtuel du site.
- Cliquez sur « Ajouter les harakat ». La première fois, le modèle (environ 14 Mo) se télécharge ; les fois suivantes, il est déjà dans le cache.
- Relisez le texte vocalisé. Pour corriger une lettre, placez le curseur juste après elle et cliquez sur la haraka voulue dans la rangée de boutons.
- Copiez le résultat. Le bouton « Retirer les harakat » fait l'opération inverse et rend un texte nu.
La vocalisation est faite par Shakkelha, un modèle open source (licence MIT) de type réseau de neurones récurrent, entraîné sur de l'arabe classique et moderne. Il tourne dans votre navigateur grâce à ONNX Runtime Web : rien n'est envoyé à un serveur.
Les limites du tashkeel automatique et comment vérifier
Un modèle de ce type vocalise juste la plupart des lettres, mais pas toutes. Les erreurs se concentrent à quelques endroits qu'il vaut la peine de relire en priorité :
- Les terminaisons (i'rab) : la dernière voyelle d'un mot dépend de sa fonction dans la phrase (sujet, complément, après une préposition). C'est la partie la plus difficile ; vérifiez-la mot par mot.
- La shadda et le tanwin : une shadda oubliée ou un tanwin mal placé change le sens ou la lecture. Le tanwin fatha s'écrit en général sur la lettre qui précède l'alif final (كتابًا).
- L'article al- : devant une lettre solaire (ت، د، ر، س، ش، ن…), le lam ne se prononce pas et la lettre suivante porte une shadda (الشَّمس) ; devant une lettre lunaire, le lam porte un sukun (القَمَر).
- Les noms propres, les mots étrangers et les mots ambigus, pour lesquels le contexte ne suffit pas toujours.
Pour le Coran, la poésie, un support pédagogique ou tout texte destiné à être publié, faites relire le résultat par une personne qui maîtrise la grammaire arabe, ou comparez-le à une édition vocalisée de référence.
Conseils pour de meilleurs résultats
Le modèle travaille mieux sur des phrases courtes et bien ponctuées : découpez les longs paragraphes. Il est conçu pour l'arabe standard et classique ; un texte en dialecte ou mêlé de mots en caractères latins donne des résultats moins fiables. Corrigez aussi les fautes de frappe avant de lancer la vocalisation, car une lettre erronée fausse les voyelles de tout le mot. Enfin, si votre texte contient déjà quelques harakat incorrectes, retirez-les d'abord avec le bouton prévu, puis relancez.